15/01/18

Bernard Valluis

Président délégué de l'Association nationale de la Meunerie française (ANMF)

1/ Comment se porte la meunerie française aujourd’hui ?

 

La filière céréalière française de première et deuxième transformation a eu historiquement la chance d’avoir un très grand développement. Mais depuis une quinzaine d’années nous connaissons un déficit de compétitivité cumulatif auquel il faut remédier. Plusieurs solutions s’offrent à nous : supprimer la taxe farine qui pèse à hauteur de 3 % sur notre chiffre d’affaires et nous handicape par rapport à concurrents européens et de pays-tiers, constituer des filières intégrées (filières tracées, cahier des charges,…), renforcer l’intégration par l’aval pour la panification industrielle, faire reconnaître la spécificité de la fabrication du pain français,…

 

 

2/ Les outils numériques peuvent-ils contribuer à améliorer la compétitivité des filières céréalières ?

 

Comme dans d’autres métiers, ils sont facteurs d’attractivité et de bouleversements. Le digital et le Big Data cassent les métiers traditionnels. A travers le programme Meunerie 2020, il s’agit de donner la possibilité à tous les meuniers d’avoir les bons outils et de faire des investissements en commun. Il s’agit aussi d’utiliser les nouvelles technologies pour la formation, le e-learning et redonner de l’attractivité au métier.

 

 

3/ Vous êtes également depuis janvier 2016 le Président d’Hyperion, l’Observatoire de la qualité des céréales et des produits céréaliers. En quoi cet outil peut-il permettre d’aider la filière céréalière ?

 

 

Hyperion est un outil de mutualisation des analyses de contaminants de toute la filière céréalière, des grains bruts aux produits transformés. Il fonctionne sur le principe d’une blockchain. Chaque opérateur renseigne les couples contaminant/produit (par exemple DON/Blé) de manière anonyme. Ces informations mutualisées permettent aux différents acteurs, membres de douze fédérations professionnelles, d’en retirer un bénéfice individuel (benchmark) et collectif qui peut être utilisé dans le cadre de politiques qualité. Cette démarche a permis d’obtenir des résultats en particulier sur la teneur en résidus de glyphosate. Elle est à encourager car elle permet de développer les autocontrôles et les partager dans des conditions de confidentialité.

 

Propos recueillis par Isabelle Delourme

 

 

Crédit photo : ANMF

@SAFThinkTank

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