Les coopératives, créatrices de valeur pour les agriculteursPublié le 2 décembre 2016 par Yves LE MORVAN

Porteuses de valeur sociétales, les coopératives agricoles sont aussi des vecteurs de valeur ajoutée pour leurs adhérents. Dans sa séance du 30 novembre 2016, l’Académie de l’Agriculture Française s’est interrogée sur dernier point, en particulier en faisant une comparaison entre les coopératives françaises et leurs homologues européennes.

En France, les coopératives agricoles bénéficient d’un statut juridique original avec notamment la double qualité de leurs adhérents (activité économique/apport en capital), la définition d’une circonscription territoriale, la présence du Haut Conseil de la Coopération Agricole,… Elles bénéficient aussi d’une fiscalité dérogatoire validée par la Cour européenne de justice. En revanche, il subsiste un débat avec l’Autorité de de la Concurrence au regard de l’engagement contractuel statutaire coopérative/adhérent qu’elle considère plutôt comme une relations client/fournisseur.

Dans les pays du Nord de l’Europe, la flexiblité des statuts des structures coopératives et leur capacité à faire émerger des leaders nous renvoient à un questionnement intéressant.  En 2015, les 4 premières coopératives européennes, classées selon leur chiffre d’affaires était l’allemande Bay-Wa (14,9 Mds €), puis la néerlandaise Friesland-Campina (11,2 Mds €), la danoise-suédoise Arla Su (10,3 Mds €) et la danoise Danish Crown (7,8 Mds €).

 

Arnaud Degoulet©Y. le Morvan

Arnaud Degoulet©Y. le Morvan

Présente dans de nombreuses filières (lait, légumes, boissons, viandes, céréales,…), la coopérative Agrial a un modèle polyvalent. Elle regroupe 15 000 adhérents dans le Nord-Ouest de la France, emploie 21 000 salariés, et génère un chiffre d’affaires de 5,2 Mds €. Comme l’a expliqué Arnaud Degoulet, Président d’Agrial, la croissance est certes portée par le développement international, l’innovation, le panier de marques, le contact avec le consommateur, la RSE, le talent des hommes. Mais pas seulement. Le cœur du réacteur se trouve dans la légitimité et la qualité des administrateurs, représentant autant les territoires que les métiers, la formation des élus, la clarté de la gouvernance, le travail sur le projet stratégique collectif ou encore l’explication des données économiques. Ce qui vaut pour Agrial vaut pour les 2 200 coopératives agricoles françaises. Bref la réussite du projet individuel est lié à la réussite du projet collectif, et réciproquement, dans la durée.

 

Au terme de cette séance, Henri Nallet  Président du HCCA, a souligné le poids de la coopération dans les filières (85 Mds € de CA), sa capacité à animer l’économie de tous les territoires, et donc l’intérêt pour les Pouvoirs publics d’un dialogue constant avec un tel levier opérationnel.