Québec, l’autre pays des coopérativesPublié le 20 septembre 2017 par Yves LE MORVAN

A l’heure où Coop de France développe ses propositions de meilleure régulation et de création de valeur au sein des Etats Généraux de l’Alimentation (EGAlim), et où de grandes coopératives européennes structurent les filières dans leur pays respectif, ajoutons à ce panorama le rôle de la coopération agricole et alimentaire au Québec, et plus largement au Canada.

Au-delà de la coopérative Agropur  (filière laitière), la Coop Fédérée constitue la plus importante entreprise  agroalimentaire du Québec, la deuxième au Canada. Elle est leader sur ses activités agricoles (collecte/approvisionnement/commercialisation), de distribution (quincaillerie, énergie), (on ne vend pas en « drive » mais en « service au volant ») et en transformation de viandes de porc et de volaille (Olymel), pour un chiffres d’affaires de 6,3 milliards de $ canadiens, en croissance.

 

Sylvain Gervais Président de La Coop Fédérée et Arnaud Fossey Président d’Isigny.

La Coop Fédérée représente une construction coopérative très originale puisque c’est  à la fois une grande entreprise coopérative (cf ci-dessus) et «  en même temps »une fédération économique de presque 70 coopératives, principalement agricoles, qui adhèrent à « La Coop » avec un lien qui rappelle en France celui d’une union de coopératives. Cet ensemble active un chiffre d’affaires combiné de 9,2 milliards de $ canadiens, pour 90.000 membres.

 

Une telle organisation, qui marie dynamisme économique et complexité de la gouvernance, doit faire face aux mêmes enjeux que ceux auxquels sont confrontées les coopératives européennes : internationalisation et proximité territoriale, création de valeur et rôle des marques, renforcement des liens avec les adhérents, transformation digitale…Un voyage d’études des administrateurs de La Coop Fédérée à la mi-septembre 2017, en France et en Allemagne, a permis de débattre et de rechercher des réponses auprès de groupes coopératifs aux cultures fortes tels par exemple Isigny sainte Mère, Agrial, et bien sûr InVivo en France ou Agravis en Allemagne.

 

 

Même si les filières en Europe et au Canada sont très différemment construites (Il y a un système de quota national de mise en marché du lait par exemple), et au-delà des sujets d’actualité tel  le CETA, un même constat s’impose aux coopératives : seule  une gouvernance organisée et partagée entraîne l’efficacité du modèle économique (on ne dit pas « business model »). C’est le socle durable de l’agitation économique permanente de l’entreprise.