Spiritueux : croissance continue des exportations françaises en 2018Publié le 22 juillet 2019 par Yves LE MORVAN

Magali Filhue, Directrice de la FFS

La Fédération Française des Spiritueux réunie en Assemblée Générale le 3 juillet 2019 à Paris sous la houlette de son Président Michel Gayraud et de sa Directrice Magali Filhue a mis en évidence la bonne santé à l’international de ce fleuron de l’agro-alimentaire français. Une nouvelle fois les exportations françaises de spiritueux ont battu leur record en 2018 atteignant une valeur totale de 4,3 milliards d’€ (+1,8%) quand le commerce extérieur français est en berne ; le cognac en représente 72,8%, devant… la vodka à 8,1%. L’Amérique du Nord et l’Asie absorbent 70% des exportations.

 

La consommation nationale quant à elle régresse légèrement (-1,34%) sur un marché qui a été impacté par les évènements liés au mouvement des « gilets jaunes ». 90% des volumes y sont  vendus par les canaux de la GMS pour 4,72 milliards d’€ et le solde de 10% en consommation via les cafés/hôtels/restaurants. Dans les ventes par la GMS, les whiskies représentent 40,6% de la consommation en volumes, devant les anisés à 22,4% et les rhums 11,6%. Les rhums, les amers et les gins sont en croissance.

 

Les 210 entreprises du secteur des spiritueux sont constituées à 90% de TPE et de PME qui s’interrogent à raison sur leur image, leur vitalité et leur originalité. Bien sûr il y a l’importance des marques (800), le nombre de signes de qualité (54 indications géographiques) et de catégories de spiritueux (44). Ces entreprises achètent tous les ans plus de 2 millions de tonnes de produits agricoles (fruits, céréales, plantes…), pour produire des boissons d’origine 100% agricole.  Au-delà, la Fédération des Spiritueux met en valeur les savoir-faire, les métiers et les territoires d’expression des producteurs en favorisant le tourisme local (Guide Petit Futé « Spiritourisme » lancé en 2018) et en organisant un évènement à venir du 11 au 13 octobre 2019 : « Les Visites privées des spiritueux ».

 

Cette réussite ne doit pas masquer la responsabilité sociétale d’entreprises qui participent à la consommation d’alcool. La promotion des comportements responsables constitue un enjeu essentiel de santé publique au regard de la société mais aussi de l’Etat qui exerce déjà une pression fiscale forte ; par exemple sur un litre de spiritueux à 40° vendu 15€ le montant total des taxes s’élève à 11,80€. Il s’agit d’informer les consommateurs, de prévenir les comportements à risque, d’éviter les conduites addictives. La Fédération des Spiritueux a été à l’initiative de la création d’une association « Prévention et Modération » qui a pour objectif de mettre en œuvre un plan collectif de prévention avec toutes les parties prenantes. Et le discours éthique des marques joue un rôle clé, car il est reconnu par les consommateurs.

 

Le secteur des spiritueux a pour socle son ancrage territorial, la qualité et la diversité de sa production, l’image d’un savoir-vivre en France et dans le monde. A déguster avec plaisir, mais aussi avec modération.