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3 questions à

Temps de lecture : 4 min

15/04/2022

Rachel Blumel

La guerre en Ukraine déstabilise les filières alimentaires y compris la production de semences. Près de 2 mois après le début du conflit, nous faisons le point avec Rachel Blumel, directrice générale de l’Union Française des semenciers.

1/ Quelle est la place de l’Ukraine dans le marché mondial des semences?

L’Ukraine représente un pays clé pour les entreprises semencières. En effet, c’est la 2ème destination hors UE des exportations françaises de semences et plants. Plusieurs semenciers ont également implanté des unités de production dans ce pays afin d’être au plus près des besoins spécifiques du marché. Ainsi, près de 1 700 salariés sont dédiés à des activités de recherche, de production et de distribution de semences. En cumulant les exportations et la production locale, l’Ukraine représente pour les entreprises semencières françaises, près de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires.

 

2/ Quels sont les impacts du conflit russo-ukrainien sur les entreprises semencières ?

L’UFS a donc suivi de très près les évolutions de la situation pour évaluer les impacts de ce conflit sur les activités des entreprises implantées en France. Les 4 premières semaines ont focalisé les ressources des entreprises sur la gestion des urgences, comme la sécurité du personnel et de leurs familles mais aussi le bon acheminement des semences pour garantir les semis de printemps ainsi que les stocks de semences de la prochaine campagne (cette priorité visait donc à la fois la livraison des semences commerciales et des semences de base).

 

3/ Risque-t-on des pénuries de semences ?

Une nette amélioration des conditions d’expédition des semences est constatée depuis le 1er avril : en moyenne, 75% des exportations sont bien arrivées en Ukraine, ceci grâce aux «green corridors» et autres mesures de soutien mis en place par le gouvernement ukrainien. Cependant, cette livraison n’a pas encore été acheminée jusqu’aux agriculteurs et l’inquiétude porte désormais sur leurs capacités à produire des semences au regard des pénuries de main d’œuvre, de carburant et de matériel.

Une baisse de production de semences est donc inéluctable en Ukraine et les entreprises semencières cherchent à limiter la pénurie de semences pour les campagnes 2023/2024. Pour autant, il n’est pas facile de trouver ailleurs d’autres surfaces de production dans des délais très courts.

Les entreprises semencières françaises confrontées à une tension sur les plans de production au niveau national, demandent donc au gouvernement de prendre en compte cette nouvelle situation pour adapter leurs politiques publiques agricoles et alimentaires.