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3 questions à

Temps de lecture : 3 min

10/06/2026

Pascal Le Brun, président du Cniel

« 2025, une année que l’on n’a pas choisi. Mais que l’on a traversé ensemble »

 

À l’approche de l’Assemblée générale du Cniel, le jeudi 25 juin, le président du Cniel, Pascal Le Brun, nous livre son sentiment sur ce que l’année 2025 laissera dans nos mémoires et sur les enjeux qu’elle soulève pour les trois prochaines années du plan triennal interprofessionnel laitier 2026-2028.

Comment résumeriez-vous l’année 2025 pour le secteur du lait de vache que vous représentez ?

Je tenterais bien de la résumer ainsi : une année constructive, engageante et responsable. Parce que face aux turbulences, nous avons tenu et construit, en nous engageant pour l’avenir avec le sens des responsabilités qui s’impose lorsque les enjeux sont réels.

L’année passée a été, à bien des égards, une année d’accidents : tensions géopolitiques, marchés fragilisés du jour au lendemain, crise sanitaire avec notamment la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), débats publics sur le Nutri-Score ou la loi visant à lever les entraves à l’activité agricole. Autant de signaux qui auraient pu nous déstabiliser, nous disperser. Ils ont, au contraire, confirmé la pertinence de ce que nous sommes, de ce que nous construisons.

La crise sanitaire de la DNC a marqué particulièrement votre filière, notamment en Savoie. Quel rôle l’interprofession a-t-elle joué ?

Sur la gestion de la crise de la DNC et son corollaire, l’export, l’interprofession a joué son rôle : porter la voix de la filière auprès des pouvoirs publics, des partenaires, des acteurs de l’amont comme l’aval, avec l’expertise et avec la neutralité que notre position nous impose. Cette voix, portée au nom de tous les maillons de la filière, c’est évidemment défendre nos intérêts communs. Elle se trouve être au cœur de notre mission qui, dans un monde de plus en plus instable, prouve chaque jour son utilité. Mais répondre à l’urgence ne suffit pas. Il faut aussi se doter d’un cap.

2025 était également synonyme pour l’interprofession de « projet stratégique ». À quoi aspire la filière ?

En 2025, l’interprofession s’est employée à construire, à valider et à publier son projet stratégique. Une trajectoire claire, structurée autour de trois priorités indissociables : compétitivité, résilience, attractivité. Ces trois piliers ne forment pas une hiérarchie, ils se complètent. Une filière compétitive est une filière rentable. Une filière rentable attire les talents. Une filière qui attire les talents est une filière résiliente, capable de durer et de s’adapter. C’est à cela que nous aspirons collectivement.

Ce cap est posé. Il reste à le mettre en mouvement, concrètement, de manière mesurable, et sans attendre. Nous avançons. Mais nous devons accélérer. J’en ai la conviction : nous en avons les moyens.

À 57 ans, Pascal Le Brun est producteur-coopérateur de lait dans le Calvados en GAEC avec son fils. Fervent défenseur des valeurs de la coopération depuis plus de 20 ans, il est président de la branche lait de la coopérative Agrial dont il est également vice-président, et président de la Coopération agricole – métiers du Lait. Pascal Le Brun maîtrise les enjeux de chaque maillon de la filière : ceux de l’amont au cœur des exploitations, ceux de la transformation et des outils industriels, et jusqu’aux consommateurs – des circuits de distribution sur le marché intérieur comme à l’export.