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26/06/2026
Chiffres bio 2025 : chi va piano, va sano
L’Agence Bio vient de présenter ses données correspondant à l’année 2025. Les signaux sont encourageants avec une reprise de la consommation des produits alimentaires bio, + 3,6 % en valeur par rapport à 2024 (+ 2 % en volume), tirée par la croissance des magasins spécialisés. En revanche le nombre d‘exploitations certifiées ainsi que les surfaces de production régressent, respectivement de -1,3 % et de -1,1 %, ce qui là aussi doit susciter la vigilance concernant l’évolution du socle productif français.
2025 confirme la dynamique retrouvée de la consommation bio en France. Il est vrai que l’envolée de l’inflation alimentaire en 2022 et 2023 avait frappé durement l’offre des produits bio, souvent mais pas systématiquement plus chers que les produits conventionnels. 2024 avait donné un signal de léger rebond, 2025 l’amplifie avec un chiffre d’affaires (hors restauration) de 12,617 milliards d’€.
Fait notable, parmi les différents acteurs de la vente de produits alimentaires bio à domicile, la distribution bio spécialisée progresse de 8,5 % contre seulement 1,2 % pour la Grande Distribution conventionnelle. Cette dernière reste néanmoins leader avec 46 % de part de marché, contre 30 % pour les magasins spécialisés, 10,5 % pour les artisans commerçants et 13,5 % en vente directe. Globalement la consommation à domicile représente 90 % du total de la consommation bio, et la restauration hors domicile 10 %.
Cette nouvelle tendance de la répartition des ventes par type de circuits tient aux leçons tirées de la crise passée de la bio, selon les acteurs. Ainsi Biocoop, leader des distributeurs spécialisés avec un chiffre d’affaires de 1,93 milliard d’€ en 2025 pour 744 magasins, a réalisé des efforts sur son offre prix, développé une marque propre, tout en caractérisant la « différence bio » (commerce équitable, origine France, lutte contre l’ultra transformation par exemple). La fréquentation s’est développée. La Grande Distribution a plutôt, quant à elle, réduit le nombre de références bio et insisté sur les marques distributeurs, les MDD, qui pèsent 48 % en bio contre 36 % dans les rayons conventionnels, allant vers une autre forme d’optimisation et de rencontre des consommateurs.
Les produits ayant le plus contribué à cette dynamique positive sont les fruits et légumes, les produits laitiers (pas le lait en l’état), l’épicerie sucrée, les œufs, la volaille, la viande bovine. Inversement le vin, très présent en bio, subit la crise générale de sa consommation. À noter en cette période d’intérêt, si ce n’est d’exigence, en matière de souveraineté alimentaire que les importations en bio reculent, à seulement 28,3 % du marché en 2025, dont presque la moitié émanent de la catégorie des produits tropicaux.
Cette tendance au retour de la consommation bio se retrouve dans de nombreux pays, aux États-Unis et au sein de l’Union européenne, chez le leader allemand, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie, seule la Suède régresse.
Tout va bien ? Il y a un bémol important.
À la suite de la crise des années passées, chacun a compris que les arbres ne montent pas au ciel, et que les injonctions ne se transforment pas en réalité. En ce sens cette croissance, construite sur une approche raisonnée prix, produit, adaptation aux consommateurs tout en stimulant l’approche différenciante, santé, environnement, engagement sociétal, semble solide et saine. Néanmoins un signal négatif tempère une satisfaction mesurée, car le socle productif se contracte. Pour la première fois, le nombre d’exploitations bio se réduit, de -1,3 %, à 61 159 fermes bio (17,3 % des fermes françaises).
Cette baisse est moins importante que la réduction globale annuelle des exploitations en France (- 3,6 %) mais pour moitié cette réduction est liée à un arrêt de la production en bio (et non due à un départ en retraite par exemple). De même les surfaces en production bio se réduisent en 2025 de -1,1 % dont -11,6 % de surfaces en conversion première année. La SAU bio en France est de 10,04 % d’un total de 28,821 millions d’hectares. Par ailleurs le cheptel bio est en recul. Attention donc !
Chi va sano, va piano… et pour aller plus loin le fait productif doit être soutenu.


