L’alimentation de demain, entre valeur sociétale et innovationPublié le 19 septembre 2018 par Yves LE MORVAN

Le projet de loi Agriculture et Alimentation, bientôt débattu en seconde lecture au Sénat après l’Assemblée Nationale, capte actuellement l’attention de tous les acteurs économiques et sociétaux opérant sur ces secteurs. La création et la répartition de la valeur est au cœur des discussions. Un thème qui a constitué l’épine dorsale de la Conférence “Demain, l’agriculture : de la terre à l’assiette”, co-organisée par Les Echos, PWC , le Crédit Agricole et la Coopération agricole le 18 septembre 2018, sous un angle particulier, la création de valeur par le sens, la dimension sociétale de l’alimentation ainsi que par l’innovation.

 

Photo : Les Echos Events

En ouverture, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a présenté la stratégie de son entreprise : « Devenir le leader mondial de la transition alimentaire pour tous » en répondant à deux questions, quel modèle alimentaire ? Quelle éthique associée ? L’alimentation n’est plus une marchandise, c’est devenu un support d’aspiration sociétale (Bien-manger, traçabilité, juste rémunération,…). Pour renouer avec une confiance disparue à l’encontre des distributeurs et des industriels, Carrefour compte utiliser trois leviers : la contractualisation, le local, la juste répartition de la valeur. Un vrai défi dans le champ concurrentiel actuel.

 

Deux tables rondes ont suivi. La première mettant en valeur des engagements ou des convictions, par exemple la démarche Agri-Ethique (CAVAC), partie de Vendée, dans la relation blé/farine/pain et qui essaime dans toute la France sur les fondements du commerce équitable (juste rémunération, durée contractuelle) ou la transformation de l’ancienne base aérienne de Bretigny s/Orge  dans un ensemble collectif  de production alimentaire et énergétique (Groupe SOS) sur des bases de transition agro-écologique. La deuxième mettant en valeur l’innovation comme facteur de confiance au sein de la chaîne allant du producteur au consommateur ou au citoyen, par exemple le financement participatif des entreprises agricoles avec MiiMOSA ou la qualité nutritionnelle des produits avec l’association Bleu-Blanc-Cœur. Les expériences abondent de la volonté de mettre du sens que ce soit dans l’usage des techniques de production ou dans l’accompagnement des tendances de consommation, en l’intégrant dans les facteurs de compétitivité.

La création de valeur est donc multiforme. En rappel, le Think Tank Agroalimentaire, réuni par les Echos Events et auquel participe agridées, avait dans son 4e rapport de juin 2018 proposé 17 recommandations afin de redonner de la valeur à l’alimentation, dont une partie a été mise en lumière au cours de cette Conférence.

 

En conclusion, Thierry Blandinières, DG d’InVivo, a salué l’élargissement du spectre de la création de valeur démontrée lors des différentes interventions, en n’oubliant cependant pas de souligner que vouloir “partager la valeur, c’est aussi rééquilibrer les rapports de force au sein des filières” et que la France n’est pas un champ clos, elle a un potentiel à exprimer et un rôle à jouer dans le monde…Chacun a sa part de responsabilité.