Les Français et la consommation de viande bioPublié le 24 avril 2017 par Yves LE MORVAN

Enquête IFOP 2017 pour Interbev*.

La consommation des produits bio en France a le vent en poupe avec, pour rappel, un chiffre d’affaires global en forte croissance : 5 milliards d’€ en 2014, 5,8 milliards en 2015 et 7 milliards en 2016.

Quelle est la place de la viande bio (Au sens Interbev : bœuf, porc, et agneau, en excluant la volaille) dans le panier des consommateurs ? La mode des régimes alimentaires sans viande impacte-t-elle la consommation bio ? Les campagnes militantes sur les conditions d’élevage ou d’abattage réduisent-elles la consommation de viande bio ?

La 3ème enquête annuelle menée par l’IFOP en 2017 auprès de 1000 personnes pour le compte d’Interbev apporte des réponses, éclairées par la prise de paroles d’éleveurs membres de la Commission bio d’Interbev, de Biocoop, d’un boucher traditionnel lors d’une conférence de presse tenue le 20 avril 2017 à Paris.

Les abattages en volume d’animaux bio demeurent très minoritaires sur le total des abattages en France : 3/4% en ovins, 1/2% en bovins, 0,5% en porcs. En 2015 le chiffre d’affaires en viande bio, hors volailles, était de 440 millions d’€ sur un total tous produits bio de 5,8 milliards. Dans ce secteur les importations sont infimes, les viandes sont très majoritairement françaises.

Pourquoi le consommateur achète-t-il de la viande bio ? Dans l’ordre des motivations citées :

-Respect du bien-être animal (à 79%, +1% n-1),

-Bénéfice pour la santé (à 77%, +2% n-1),

-Bénéfice pour l’environnement (à 77%, +2% n-1),

-Meilleure rémunération des producteurs (à 70%, =n-1).

La perception et les attentes des consommateurs correspondent donc à des enjeux globaux de société.

Quels sont les profils des consommateurs de viande  bio sachant que, concernant  tous les produits, 48% des sondés disent consommer des produits bio au moins 1 fois par semaine, en outre 21% au moins 1 fois par mois…et 10% jamais. Ainsi, 9 sondés sur 10 consomment du bio. Les aficionados de viande bio, eux en particulier, atteignent un niveau de 7 sur 10.. Ils se retrouvent notamment dans les catégories socioprofessionnelles CSP+ et retraités, dans les tranches d’âge  50-64 ans/+65 ans puis chez les +jeunes à 18-24 ans. Le lieu d’achat préféré est chez le boucher. L’agglomération parisienne est une terre d’élection ;

On aperçoit ici deux verrous pour libérer une plus forte progression de la viande bio : le prix, même si cela est considéré comme justifié, et l’insuffisante mise en valeur de la viande bio dans les étals, si ce n’est sa visibilité, que ce soit en GMS (51% des ventes) ou chez les bouchers artisanaux (15% des ventes).

En conclusion, malgré les différentes attaques contre l’élevage ou la viande, la consommation de viande dans son modèle bio croît (+18%pour le steak  haché en 2016 par exemple) mais son potentiel de croissance relève de la capacité partenariale des différentes entreprises de la filière à mettre en valeur et à exposer collectivement leur production.

*Interbev : Interprofession Bétail & Viande

Pour plus d’informations http://www.interbev.fr/ressource/viandes-bio