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3 questions à

Temps de lecture : 3 min

27/09/2021

Caroline Petigny

3 Questions à Caroline Petigny, Directrice RSE, Communication et Affaires publiques d’AFYREN, la startup biotech qui valorise la biomasse pour produire des acides organiques naturels.

1/ Avec l’annonce de son introduction en Bourse sur Euronext Growth le 1er octobre 2021, AFYREN fait beaucoup parler d’elle en ce moment. Pouvez-vous nous présenter votre société ?

AFYREN est une startup qui a été créée en 2012 à Clermont-Ferrand sous l’impulsion de chercheurs passionnés, afin de réconcilier écologie et économie. Nous avons développé un procédé technologique qui permet de transformer la biomasse par fermentation à l’aide de microorganismes naturels en acides organiques. Ceux-ci sont utilisés couramment en alimentation humaine et animale, arômes, cosmétiques, parfums ou lubrifiants. Cette technologie peut se substituer à la chimie de synthèse pétrosourcée qui produit habituellement ces acides organiques. Nous avons réalisé des analyses du cycle de vie (ACV) qui montrent que l’empreinte carbone de la technologie AFYREN est cinq fois moins élevée que celle des technologies classiques. Le procédé est adaptable à différents types de biomasse.

Une première usine est en construction et sera opérationnelle en 2022 sur la plateforme de Chemesis à Carling Saint-Avold en Moselle. Sa capacité de production sera de 16 000 tonnes d’acides organiques biosourcés à partir de coproduits de betteraves à sucre (pulpes, mélasses) provenant des sucreries Südzucker avec qui nous avons signé un accord pluriannuel. Le passage à l’échelle industrielle avec cette première usine est déjà financé. L’introduction en Bourse d’AFYREN devrait permettre de lever 70 à 80 millions d’euros pour financer son développement futur à l’international.

2/Quelle création de valeur AFYREN propose-t-elle à destination des agriculteurs ?

En valorisant les coproduits de sucreries issus de la transformation des betteraves sucrières, nous contribuerons à créer de la valeur dans les chaînes de production de l’agroalimentaire à l’échelle d’un territoire dont le rayon ne dépassera pas 300 à 400 km autour de notre usine.

De plus, certains acides organiques obtenus via ce procédé technologique seront utilisés en nutrition animale pour leurs propriétés de conservation ou antibactériennes. Outre ce retour de valeur aux éleveurs, notre technologie permettra également un retour de valeur aux agriculteurs sous forme de fertilisant certifié pour l’agriculture biologique. En effet, la technologie développée par AFYREN permet non seulement de produire des acides organiques mais également un engrais potassique, qui peut être utilisée comme fertilisant en agriculture biologique.

AFYREN s’inscrit donc pleinement dans une démarche de bioéconomie circulaire en répondant à la demande croissante de produits biosourcés et de naturalité des filières, des consommateurs et des agriculteurs.

3/ Où en sera AFYREN dans 10 ans ?

Nous avons l’ambition de déployer nos activités à l’international aux Etats-Unis et en Asie en particulier. Ce n’est qu’au bout de 10 ans de recherche/développement et de levées de fonds que notre première usine voit le jour. La suite devrait être plus rapide, sur la base d’un modèle industriel duplicable. Nous prévoyons d’avoir trois usines en 2027.

Le passage à l’échelle industrielle est un défi majeur, à la fois en termes technologiques et de financement. Il reste plus difficile de mobiliser en France des capital-risqueurs que des financeurs au stade « early-stage » des startups. Au final, le défi est d’être rapidement opérationnel, non seulement avec l’outil en place mais également avec le recrutement des bonnes personnes : d’une cinquantaine d’employés aujourd’hui, AFYREN devrait passer à une centaine d’ici la fin de l’année 2021.