Agridées

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3 questions à

Temps de lecture : 3 min

01/12/2022

Héloïse Le Bars

Face à l’élévation des exigences réglementaires et des demandes sociétales sur la durabilité, les entreprises sont amenées à transformer leurs modèles de production en veillant à entrainer l’ensemble de leur chaine de valeur avec elles. Le groupe familial agroalimentaire Olga[1] (ex Triballat Noyal), originaire de Bretagne et présent à l’international, pionnier sur ces sujets, en a fait son cœur de développement stratégique depuis sa création.

Héloïse Le Bars, co-responsable RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) a répondu à nos questions.

1/ En quoi l’évolution des politiques publiques et des réglementations en matière de durabilité est un levier pour le secteur agroalimentaire et invite à repenser le business model ?

Les politiques publiques et les réglementations intègrent de plus en plus ces enjeux de durabilité et on le perçoit entre autres avec la création de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) qui va nécessairement donner une orientation nouvelle à la façon dont les entreprises traitent le sujet de leur performance extra-financière. Ces exigences en matière de durabilité invitent à défocaliser de la performance financière et à prendre en compte l’écosystème dans lequel évolue l’entreprise, ses parties prenantes et bien sûr ses impacts. Pour autant la notion de conscience environnementale et donc la capacité qu’ont les différentes parties prenantes à prioriser ce sujet de la transition écologique est propre à chacune. Il est primordial d’identifier de quelle manière nous (en tant qu’acteurs de l’agroalimentaire) pouvons collectivement mobiliser des ressources. Le secteur agroalimentaire est actuellement face à un dilemme avec une mutation des régimes alimentaires où il est nécessaire de répondre à un triple enjeu d’accessibilité, de volume et de durabilité pour subvenir au besoin d’une population croissante tout en préservant la planète.

 

2/ Comment la durabilité s’inscrit-elle au cœur de votre stratégie et quelles sont les actions prioritaires demain pour Olga ?

La pérennité de notre entreprise dépend du vivant c’est pourquoi Olga doit s’attacher à le préserver voir le régénérer. Cet engagement est inscrit dans notre Vision 2035 et transparait dans notre Raison d’Être : « être source de vie pour les Hommes et la Planète ». La durabilité a toujours été un moteur d’innovation pour l’entreprise par exemple en ayant fait le choix du bio sur nos filières laitières dès les années 1970 ou en développant les premiers desserts à base de soja à la fin des années 1980. Nos priorités à horizon 2035 sont de valoriser la biodiversité à travers l’agroforesterie et le développement de cultures locales minoritaires (sarrasin, avoine, chanvre,…), d’adresser le sujet de la décarbonation de nos activités (Bilan Carbone scope 3 et plan d’action bas carbone), d’innover dans nos pratiques managériales en s’inspirant du modèle d’entreprise vivante (décrit par F. Laloux dans son ouvrage Reinventing Organizations) ou encore de proposer un modèle de suivi de performance globale basé sur la triple comptabilité (financière, sociale et environnementale). Enfin, pour aller plus loin dans cette démarche d’engagement collectif nous avons participé à la Convention des Entreprises pour le Climat qui relie le monde politique à celui des entreprises sur la question de la transition écologique et dont le livrable est accessible via le lien suivant : https://cec-impact.org/ressource/rapport-final-de-la-premiere-convention-des-entreprises-pour-le-climat/

 

3/ A ce jour, comment faites-vous pour impliquer l’ensemble de votre chaine de valeur et quels sont les retours d’expérience ?

La durabilité est un sujet qui capte de plus en plus l’attention des parties prenantes en particulier car chacun sait qu’il en va de la pérennité de notre société. La proximité avec certaines parties prenantes telles que nos producteurs nous permet d’intégrer plus facilement des problématiques liées aux modèles agricoles, au bien-être animal ou à la préservation de la biodiversité. Du point de vue des consommateurs il y a une sensibilité croissante pour l’origine des produits, la nature des emballages ou la qualité intrinsèque des produits ce qui pousse l’entreprise à se questionner sur son business model et ses futures orientations stratégiques. En ce sens, la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) devient un service clé dans la capacité à orienter vers des modèles plus résilients. Chez Olga, la RSE est en lien permanent avec le Directoire afin d’adresser ces sujets transversalement sur toutes nos marques et permettre à chaque collaborateur de devenir ambassadeur des sujets liés au développement durable. La RSE demeure une démarche apprenante où il est donc primordial d’accepter de se tromper, le vivant n’est pas une science exacte et il a besoin de nous autant que nous avons besoin de lui, le maître mot est bien d’être dans une démarche d’amélioration continue, le tout avec humilité et résilience.

[1] OLGA est un groupe agroalimentaire diversifié, présent sur les marchés des alternatives végétales (soja, chanvre, avoine…), des produits laitiers et céréales bio, de la crèmerie responsable (fromages, desserts…) et de la nutrition et ingrédients alimentaires. Le groupe détient 19 marques (Sojasun, Petit Billy, Nutrisun…). En 2022, le groupe compte 1330 collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires de 338 millions d’euros. Il est aujourd’hui dirigé par Olivier Clanchin, 3ème génération et Solenn Douard, Directrice Ressource.

 


L’entreprise Olga récompensée au SIAL :

Pour en savoir plus lire l’article paru dans le numéro 250 de La Revue Agridées pages 36-37