Agridées

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3 questions à

Temps de lecture : 5 min

25/02/2022

Kevin Briche

« Comment les agriculteurs peuvent-ils améliorer la durabilité de leur entreprise ? » La jeune startup EcoFarms apporte des réponses en accompagnant les entreprises agricoles à améliorer leurs performances RSEa (Responsabilité Sociétale des Exploitations agricoles).
Kevin Briche, président d’EcoFarms, répond à nos questions.

1/ Quel est lintérêt des agriculteurs à sengager dans une démarche RSEa ?

Pour les agriculteurs et agricultrices les intérêts sont nombreux.

Tout d’abord, améliorer les performances environnementales et sociétales de son entreprise peut avoir un impact positif direct sur ses performances économiques. En effet, quand on réfléchit à consommer moins de carburant, moins d’intrants de synthèse, à améliorer la biodiversité dans son champs et donc les services écosystémiques rendus, rendre ses employés plus épanouis et donc motivés, … On voit directement les impacts positifs sur les finances que cela peut avoir.

Deuxièmement, agir aujourd’hui sur la performance globale de son entreprise, c’est anticiper les évolutions, les contraintes, les opportunités et les risques futurs. Qu’ils soient d’ordre environnemental (dérèglement climatique, baisse des ressources minérales et énergétiques, etc.), économique, réglementaire, ou même humain, le monde change. Il est devenu plus complexe. Il en va donc de même pour le monde agricole. Il faut de nouveaux outils à ses protagonistes pour gérer cette complexité. C’est ce que proposent les démarches RSE. Comme disait Darwin : les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.

Troisièmement, s’engager dans une démarche de durabilité structurée et mesurée, c’est aussi pouvoir mieux valoriser son travail ! Montrer que l’on va plus loin que le bio pour certains, mettre en avant du progrès, des engagements et des impacts positifs pour d’autres… L’évaluation des performances RSE est un outil universel qui permet de communiquer  sur ses engagements de façon complémentaire, voir différenciante, à la prolifération des labels actuels. Car c’est ce que demandent en bout de chaîne les citoyens-consommateurs : des produits aux origines et impacts tracés et transparents.

Enfin, c’est ce que demandent et vont demander de façon de plus en plus pressante les partenaires des agriculteurs (coopératives, acheteurs ou encore financeurs) : ils  font face aux mêmes logiques, sous la  pression des employés, des consommateurs, des ONG, etc. Il s’agit donc d’une gestion prévoyante des évolutions futures. Enfin et surtout, la réglementation  contraint déjà fortement les agriculteurs et va continuer à s’accélérer dans les prochaines années : Stratégie nationale bas carbone, déclarations extra-financières, affichage environnemental des produits, nouvelle taxonomie…  C’est pour toutes ces raisons que la plupart de ces entreprises ont commencé à structurer leur propre démarche RSE.

Or, ces démarches RSE vont bientôt devoir étendre leur périmètre jusqu’aux champs. Car une des particularités de l’industrie agroalimentaire est que c’est au niveau du champ que la grande majorité des impacts se concentrent (selon l’ADEME, c’est même 83% de l’impact environnemental d’un produit alimentaire “prêt-à-consommer” qui se situe au niveau de la production agricole). C’est donc à ce niveau des chaînes de valeur qu’existent le principal besoin de transparence et les plus gros leviers d’amélioration.

Ainsi, adopter une démarche RSE agricole alignée avec celle de leurs partenaires permet aux agriculteurs de renforcer leurs débouchés ou encore de faciliter leur accès aux financements.

Pour résumer : la démarche RSEa est le nouvel outil sur lequel les entrepreneurs agricoles s’appuient pour gérer stratégiquement leur entreprise et pouvoir communiquer efficacement avec leurs parties prenantes.

 

2/ Quels outils utilisez-vous pour mesurer les performances RSE des entreprises agricoles et les accompagner dans une démarche de progrès ?

L’évaluation annuelle se base sur un questionnaire et un entretien avec le producteur. Les informations recueillies sont tant des pratiques que des résultats issus de diverses sources (analyses de sol, bilan carbone, factures, données publiques, etc.).

Puis nous faisons l’analyse de ces informations et validons les données à partir des différentes preuves recueillies.

Les résultats sont ensuite transmis au chef d’entreprise sous la forme d’une fiche d’évaluation avec les scores, les données-clés, les indicateurs, des comparatifs, des clés d’analyse et des suggestions d’amélioration.

Notre plateforme leur permet ensuite de trouver des solutions (formations, fiches pratiques, services, logiciels, conseil indépendant, produits, etc.) adaptées à leurs engagements et leur contexte.

 

3/ Comment les agriculteurs que vous accompagnez valorisent-ils leurs bonnes performances RSEa dans les filières ?

Chaque filière, chaque marque, chaque entreprise a sa propre stratégie RSE, sa propre stratégie de communication.

Pour valoriser leurs performances au grand public, les agriculteurs ou leurs partenaires s’appuient directement sur nos visuels, nos scores, nos données, pour les mettre en musique avec leur stratégie de communication sur leurs canaux : réseaux sociaux, sites web, packagings, campagne de crowdfunding, etc.
Nous avons d’ailleurs récemment lancé et mis à leur disposition gratuitement un site sur lequel ils peuvent publier en toute transparence le profil et les impacts de leur entreprise : la Carte EcoFarms.

Nous leur conseillons de non seulement communiquer sur leurs bonnes performances, mais aussi sur leurs engagements et leurs progrès. Et surtout s’appuyer sur la force des agriculteurs : outre diminuer leurs impacts négatifs, ils peuvent également rendre de nombreux services à la société : stocker du carbone, recréer des écosystèmes naturels, des emplois épanouissants et non délocalisables, créer des énergies réellement renouvelables, … C’est d’ailleurs la thématique du Salon International de l’Agriculture cette année : notre quotidien, votre avenir !

Par ailleurs, nous permettons et poussons pour l’émergence d’autres formes de valorisation au sein des filières. Des premiers partenaires comme Omie et ont décidé de mettre en place des programmes internes, se basant sur notre solution, afin d’accélérer la progression de leurs producteurs. C’est ce qui pouvait être fait avant par des grandes entreprises multinationales, avec des équipes conséquentes, et que nous permettons de démocratiser à tout l’écosystème, de façon moins onéreuse et plus rapide.

Une deuxième forme innovante est de coupler un prix d’achat non plus à un cahier des charges « arrêté », mais à une performance. La boucle devient alors très vertueuse : plus l’agriculteur s’engage, plus il permet à son partenaire de valoriser leur collaboration, plus ce dernier peut lui redistribuer la valeur supplémentaire perçue.

Une troisième forme intéressante de valorisation est la mise en place de Paiement pour Services Environnementaux privés. Ces derniers viennent d’entreprises qui souhaitent financer des impacts environnementaux positifs (analysés et suivis par notre solution) grâce aux agriculteurs. Le Label Bas Carbone en est une application, mais nous pouvons en imaginer sur d’autres thématiques : biodiversité, amélioration des caractéristiques des éléments air / eau / sol, etc.