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Temps de lecture : 3 min

14/06/2021

« New genomic techniques » : Un inventaire décisif

Réalisée à la demande du Conseil européen, l’étude des services de la Commission sur les « new genomics techniques » publiée le 29 avril dernier[1] relance le débat suite à l’arrêt de la Cour Européenne de Justice de 2018 qui concluait au classement des semences obtenues par les techniques d’édition de gènes dans le cadre de la législation applicable aux OGM[2].

Cette étude ouvre la voie à une révision des obstacles réglementaires qui ont pratiquement gelé les travaux de recherche-développement et d’innovation dans l’Union Européenne. Alors que les applications de ces techniques permettraient notamment de contribuer aux objectifs du Pacte Vert et de la stratégie « Farm to Fork », la Commission a identifié que les produits issus de ces techniques « se sont développés rapidement au cours des 20 dernières années, dans de nombreuses régions du monde …. encore plus d’applications sont attendues pour les années à venir, la majorité étant développée hors de l’Union. ».

La prise de conscience du risque de se priver d’un levier technologique, pénalisant l’UE dans le jeu de la concurrence internationale, apparait ainsi déterminante pour s’attaquer aux tabous qui pèsent sur la mise en œuvre des biotechnologies les plus récentes et les plus prometteuses.

Ce revirement doit beaucoup aux travaux du Joint Research center de la Commission qui a publié également le 29 avril deux rapports[3] et a mis en ligne des tableaux d’inventaire de l’état d’avancement de ces techniques dans le monde. On y apprend que 645 applications ont été dénombrées à différents stades de développement, dont 425 concernent les végétaux, 119 la santé humaine et 99 les animaux[4] , et que les États-Unis (264) et la Chine (137) se partagent l’essentiel des recherches.

Sur les 119 applications à la santé humaine, soit 65 repérées aux États-Unis, 31 en Chine, 48 d’entre elles concernent le cancer, et 23 les affections virales, ce qui renforce l’attention des acteurs publics et privés pour ces travaux dans le contexte de la pandémie Covid-19.

En matière d’espèces végétales, les recherches sur céréales dominent avec 162 applications en cours, suivies par les oléagineux et plantes à fibre (71) puis les légumes (53), et dans le cas de céréales le partage hégémonique entre la Chine (57) et les États-Unis (51) se confirme. Enfin toujours dans le cas des céréales, les traits sur lesquelles travaillent les chercheurs montrent une hiérarchie qui privilégie agronomie et alimentation (rendement (45), tolérance au stress biotique (42) et modification de composition (34)), reléguant la tolérance aux herbicides au 6ième rang avec seulement 15 applications, ce qui démontre par ailleurs la prise en compte de l’expérience OGM.

Il ne reste donc plus qu’à modifier rapidement la législation européenne et permettre aux acteurs publics et privés de rattraper le retard, en espérant que nombre d’entre eux auront la possibilité de poursuivre en Europe et au grand jour les travaux qu’ils ont été contraints de mener ailleurs dans le monde.


[1] https://ec.europa.eu/food/system/files/2021-04/gmo_mod-bio_ngt_eu-study.pdf

[2] https://www.agridees.com/ensemencer-lavenir/

[3] https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC121847, https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC123830

[4] https://datam.jrc.ec.europa.eu/datam/mashup/NEW_GENOMIC_TECHNIQUES/